La valse des navigateurs
Mon évolution à travers ces outils a été marquée par des innovations, des changements de paradigmes et une quête constante pour des expériences de navigation plus rapides, plus sûres et plus respectueuses de la vie privée.
Les premiers pas sans Internet#
“Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître”. C’est dingue, et c’est pourtant vrai… !
Mon initiation à l’informatique a commencé avec Windows 95 et plus particulièrement Windows 98, une époque où l’accès à Internet n’était pas encore une évidence. Cette période m’a permis de découvrir les bases de l’informatique, en installant et en utilisant des logiciels (principalement des jeux vidéos, Pharaoh, Viper Racing, Interstate 76, Pod, Whacky Wheels, Unreal Tournament…) et en explorant les fonctionnalités de l’ordinateur familial. Bien que limité, ce temps passé hors ligne a été formateur, me préparant à l’ère numérique qui allait suivre pour en arriver aujourd’hui où j’en suis.
L’Ère d’Internet Explorer (IE)#
Avec l’arrivée de la connexion Internet à la maison, Internet Explorer 6 sous Windows XP est devenu ma porte d’entrée vers le monde en ligne. À l’époque, Internet Explorer dominait le marché. Il a été mon premier navigateur, me permettant de découvrir les possibilités presque infinies d’Internet.
Internet Explorer 6 sous Windows XPAu fil des années, j’ai continué à utiliser Internet Explorer jusqu’à sa version finale, la 11, sous Windows 10. Bien que le navigateur ait évolué, Microsoft avait du retard face à des concurrents plus innovants (Mozilla et Google). Puis, vient le déclin, malmené entre problèmes de sécurité et propulsion des navigateurs concurrents qui ont su très vite combler et gommer les manques d’IE.
La révolution lancée par Mozilla Firefox et Google Chrome#
Dès Windows XP et sur les versions ultérieures de Windows, j’ai commencé à explorer d’autres navigateurs web. Mozilla Firefox a été le premier que j’ai installé à côté d’Internet Explorer, offrant une alternative gratuite et ouverte à IE. Ses fonctionnalités avancées, comme les onglets de navigation et les extensions (entre autres), ont transformé mon expérience en ligne. Firefox a également introduit une meilleure conformité aux standards web, améliorant la compatibilité et la performance des sites web. Très vite, de nombreux sites web ont préféré s’adapter au moteur graphique proposé par Firefox (Gecko) plutôt que Silverlight de Microsoft. Je n’ai eu que très peu de problème de compatibilité avec IE, n’oubliez pas qu’il était même le navigateur “de secours” lorsque Firefox ne fonctionnait pas, ou qu’il servait justement à télécharger Firefox… 😏
Google Chrome en 2010Cependant, c’est Google Chrome qui a finalement capté mon attention grâce à sa rapidité et son interface minimaliste. Lancé en 2008, Chrome a très vite pris l’ascendant sur le champ de bataille opposant Firefox et IE, notamment grâce à son moteur Blink, et son approche centrée sur l’utilisateur. Chrome a par ailleurs introduit des fonctionnalités comme la synchronisation des profils, permettant d’avoir ses favoris, les mots de passe, l’historique et les paramètres entre différents appareils. J’ai longtemps utilisé cette fonctionnalité entre mes différents appareils, ordinateurs comme téléphones, sans problème, et ce, pendant des années.
L’Ère moderne avec Edge et Brave#
Avec l’arrivée de Windows 10, Microsoft a introduit Edge, un navigateur moderne et performant conçu pour remplacer Internet Explorer. Edge a apporté des améliorations significatives en termes de vitesse, de sécurité et d’intégration avec les services en ligne de Microsoft. Au tout départ du projet, il s’agissait réellement d’un navigateur partant d’une feuille blanche, avec une équipe dédiée et des fonctionnalités qui lui étaient propres. Hélas, le projet a très rapidement bifurqué vers Chromium pour en devenir un nouvel ersatz. Aujourd’hui, Edge est convaincant, malgré l’omniprésence de Copilot.
Navigateur Brave en mai 2025Bien qu’Edge ait été une avancée majeure, j’ai également été attiré par Brave , un navigateur initialement axé sur la confidentialité et la sécurité. Brave se distingue par son approche pragmatique de blocage des publicités sur les pages web et dans les vidéos sur YouTube. De plus, une fonctionnalité est proposée aux utilisateurs quant aux cryptomonnaies, pour gagner des jetons (le BAT) en optant pour des publicités respectueuses de la vie privée. Cette approche, combinée à une navigation rapide, a fait de Brave mon navigateur web principal pendant plusieurs années. J’aime beaucoup Brave pour son système d’anti-pub sur les pages web et sur YouTube, qui fonctionne très bien. Cependant, aujourd’hui, ses options forcées d’IA et de crypto m’embêtent. Tout fonctionne toujours très bien, mais il y a trop d’interconnexion entre divers services incontrôlables. Je l’utilise uniquement pour regarder des vidéos YouTube.
L’Expérience multiplateforme avec Linux et MacOS#
Mon passage sous Linux et MacOS m’a conduit à explorer d’autres navigateurs. Safari, intégré dans l’environnement Apple, m’a impressionné par son intégration avec le système d’exploitation et ses performances optimisées pour les appareils Apple (aussi bien sur MacBook que sur iPhone). Safari est particulièrement bon pour son efficacité énergétique, ce qui n’est pas du tout négligeable lorsque toute la flotte de matériel informatique est mobile.
Récemment, Apple propose une option pour masquer les éléments gênants dans une page web, au travers de Safari. En un clic, il est possible de faire disparaître des blocs entiers de publicité sans installer d’extension ! C’est très efficace, en plus d’être réalisable aussi bien sur Mac que sur un iPhone. Le bémol, c’est qu’on ne partage pas les blocages entre les appareils - un blocage d’une publicité sur Safari sur iPhone ne sera pas effectif sur Safari sur un MacBook, il faudra de nouveau bloquer sur le MacBook. Dommage, mais c’est l’histoire de trois clics…
J’ai également continué à utiliser Brave et occasionnellement Firefox sous Linux, ne pouvant pas installer Safari sous Arch Linux. Safari est mon navigateur quotidien, puisqu’il est parfaitement intégré dans la flotte Apple, mais…
La prise de conscience quant aux logiciels libres#
Au fil du temps, j’ai développé une préférence pour les outils libres, reflétant un désir de soutenir des technologies qui respectent la légèreté et la liberté des utilisateurs. Les navigateurs comme Firefox, ainsi que des projets comme Zen Browser, incarnent cette philosophie en offrant des alternatives.
Les logiciels libres offrent plusieurs avantages, notamment la transparence, la possibilité de modifier le code source pour répondre à des besoins spécifiques, et une communauté de développeurs et d’utilisateurs engagés. Soutenir ces projets financièrement ou par contribution technique, c’est maintenir un semblant de liberté et de choix.
La découverte de Zen Browser#
En quête de nouveautés, j’ai récemment commencé à utiliser Zen Browser , un dérivé de Firefox. Zen Browser combine plusieurs fonctionnalités intéressantes de Firefox, Vivaldi et Brave dans un seul et même navigateur. Ses avantages incluent sa nature multiplateforme, son caractère libre, sa compatibilité avec les extensions de Mozilla, et sa rapidité.
Zen Browser offre une expérience de navigation personnalisable et (en principe) respectueuse de la vie privée. Cependant, étant un produit encore jeune, il peut présenter quelques défauts mineurs et des plantages occasionnels. Malgré cela, Zen Browser représente à ce jour une alternative prometteuse pour ceux qui cherchent à échapper à l’emprise des grands acteurs du marché. L’avenir de Mozilla est incertain (entre autres problèmes financiers, politiques et internes à la Fondation), il est temps de regarder d’autres alternatives (même basées sur Firefox…).
Est-ce un effet de mode que de changer sans cesse de navigateur ?#
Sans doute, oui. Aujourd’hui, nous, utilisateurs, sommes complètement dépendants des navigateurs, et chaque société qui essaie de grignoter sa part du marché me fera forcément bouger ailleurs tant que je ne me sens pas libre. Les navigateurs deviennent des outils indispensables, les sociétés souhaitant maximiser leurs profits le savent et souhaitent à tout prix obtenir le plus de part de marché.
Avec le temps, je me suis rendu compte que je n’utilisais qu’une partie infime de ce que peut proposer un navigateur web. Pour moi, un navigateur web doit se cantonner à afficher des pages web le plus rapidement possible, sans modifier le code proposé par les auteurs de site web, sans chercher à forcer l’utilisation d’outils en tout genre, juste afficher des pages web.
AFFICHER DES PAGES.
Souhaitons-nous vraiment que le navigateur web deviennent un système d’exploitation à part entière ? Pour moi, NON. Il y a déjà Emacs pour ça… 😁. Autant utiliser des outils comme ChromeOS, qui rassemblent tout dans le navigateur ; encore faut-il avoir toutes les applications compatibles.
Et les autres navigateurs comme Arc, Opera, Epiphany et bien d’autres ?#
Il y a tellement de dérivés de Firefox ou de Chromium que je préfère rester aux outils originaux. Les quelques dérivés tels que Brave, Edge, Zen Browser sont acceptables à mon sens, puisqu’ils changent quelques principes pour aller dans la direction que je souhaite (entendez par ici la désactivation ou suppression de fonctionnalités optionnelles souvent lourdes et pas exploitées). Des navigateurs comme Arc ou Opera ne me ciblent pas - je cherche du léger et simple, pas un navigateur qui fasse les choses à ma place (c’est pour les jeunes tout ça).
Ladybird, un navigateur à suivre de près#
Une autre alternative est en train de germer, s’intitulant “Ladiybird”.
Ladybird is a truly independent web browser, backed by a non-profit.Un nouveau navigateur web développé à partir d’une feuille blanche, pour redéfinir les codes de la navigation. Il utilise son propre moteur de rendu (LibWeb), souhaite être rapide et conforme aux standards du web moderne, écrit avec des langages de programmation eux aussi modernes. Affaire à suivre, Ladybird semble s’être déjà forgé une belle réputation au travers d’Internet de par ses promesses d’un navigateur rapide et sécurisé en redéfinissant quelques concepts.
Conclusion#
Mon voyage à travers les navigateurs web a été marqué par des innovations constantes et une quête pour des expériences de navigation plus rapides et plus sûres. Chaque navigateur a apporté quelque chose de nouveau, que ce soit en termes de performance, de sécurité ou d’intégration avec le système d’exploitation. Sans parler des extensions qui peuvent radicalement changer (en bien comme en mal) l’expérience utilisateur.
Aujourd’hui, avec des options comme Brave et Zen Browser, l’avenir de la navigation web semble prometteur, axé sur la confidentialité, la rapidité et l’innovation. En fin de compte, le choix d’un navigateur dépend des besoins et des préférences de chacun. L’important est de rester informé et de choisir des outils qui respectent vos valeurs et vos besoins.
Vous souhaitez avoir “Chrome” mais sans Google et multiplateformes ? Alors partez sur Brave (nécessite un temps de configuration pour désactiver toutes les options IA + cryptomonnaies si vous n’en voulez pas). Chromium est trop rustique, et l’ajout d’extensions reviendra à avoir Brave.
Vous souhaitez avoir “Firefox” mais “mieux” et muliplateformes ? Je pense que Zen Browser est cette alternative que nous cherchons. Un petit temps d’adaptation à l’interface est nécessaire (on parle d’une vingtaine de minutes) et sera acquis.
Vous êtes au dessus de tout ? Prenez votre terminal et lancez w3m.